Musique

PUBLIÉ LE 18.02.2016

3 questions à… Sylvain Chauveau

Par David Sanson, programmateur du cycle « Alterminimalismes »

Extrait : Sylvain Chauveau – A Cloud Of Dust

1/ Quel serait votre définition du minimalisme ? Et en quoi diriez-vous que votre musique s’y rattache ?
Le minimalisme est un art du détail. D’ordinaire le détail ne ressort pas et on focalise l’attention sur l’ensemble. Mais quand tout est dépouillé à l’extrême, le moindre détail prend une importance colossale. Et alors on n’a pas le droit à l’erreur là-dessus. Comme faire un point bleu sur un monochrome blanc : cela doit être irréprochable, sinon l’échec est total. Mais la perfection n’est pas de ce monde : il faut toujours accepter une petite part d’approximation, cette trace de la main humaine. Ce minimalisme constitue les racines de ce que je fais depuis plus de 15 ans. Depuis mes débuts j’ai voulu partir du silence et n’ajouter des sons que quand ils étaient absolument nécessaires.

2/ How To Live In Small Spaces, le titre de votre dernier album, pourrait être celui d’une sculpture d’art minimal. Quel sens cette notion d’espace revêt-elle pour vous ?
Encore une fois j’ai volé le titre dans un livre. Ca résumait tellement mon approche. Ici, pour moi, la notion d’espace a deux sens. Celui d’un espace sonore où le flux n’est qu’un filet de musique très discrète, à peine plus que du « silence orchestré » – pour reprendre les termes d’un commentateur de Morton Feldman. L’autre sens est plus autobiographique, évoquant une courte période de ma vie un peu ascétique.

3/ Le fait de te produire dans un espace tel que celui du Collège des Bernardins, en compagnie de vos amis du groupe d’Astrid, a-t-il une signification particulière ?
Je n’ai vu ce lieu qu’en photo. J’ai beau être un athée convaincu, jouer dans un tel lieu impose une ambiance propice à une forme d’écoute, de recueillement, voire de méditation, qui correspond à ce qu’il me faut pour jouer ma musique si lente et si calme. Quant à partager l’affiche avec Astrïd, c’est une logique évidente. Nous sommes musicalement voisins, partenaires, et amis. L’entente est telle que nous avons même formé un groupe ensemble (Butterfly In The Snowfall), où ils gardent leur univers instrumental contemplatif et sur lequel je chante.

Rendez-vous le 19 février à 20h30 au Collège des Bernardins.
Réservation : c’est ici !