After Co - Arts Vivants

PUBLIÉ LE 3.02.2016

Jann Gallois / Danse

Le Collège des Bernardins donne carte blanche à Jann Gallois, étoile montante dans la danse contemporaine. Le mercredi 17 février 2016 à 20h30, elle donnera P=mg, un solo récompensé par neuf prix internationaux puis Compact, en duo. Jann Gallois s’exprime sur ses créations :

P=mg (2012)
« P=mg est la formule physique du poids, force de pesanteur exercée par la Terre sur un corps massique en raison du voisinage de la Terre. Cette force omniprésente s’applique à chaque particule du corps et nous tire constamment vers le bas sans même que nous en ayons réellement conscience. J’ai donc voulu mettre en relief la dimension psychologique et en même temps universelle de ce poids qui nous détourne de nos objectifs ou freine notre avancée. Ce poids, peut provenir d’autrui comme de soi-même, par peur, croyance ou à priori… Pour ma part, si le cadre familial dans lequel j’ai grandi ne s’était pas autant opposé à mon désir de danser, je n’en aurai probablement jamais fait mon métier.
Sur un plateau dépourvu de tout élément de décor, P=mg est une expérimentation, une mise en situation où un corps cherche à surmonter la contrainte d’une gravité décuplée.
Comment cette contrainte peut devenir une force, un marchepied pour viser encore plus loin, plus haut, et permettre au corps d’atteindre cet état où il n’aurait jamais abouti sans cette difficulté ? »

Compact (2016)
« Après deux créations en solo, j’ai voulu me confronter à l’exercice du duo afin d’explorer comment deux corps peuvent ne faire qu’un. En axant ma recherche sur un travail exclusivement physique et corporel, mon intention sur cette création est de me limiter à une seule contrainte : le contact extrême et permanent entre deux corps.
L’obsession du contact ne cesse de prendre de la place dans la vie contemporaine, notamment via le développement exponentiel des moyens de communication. Elle se manifeste selon moi au détriment d’une autre forme de contact, reliant les êtres, car c’est paradoxalement dans une ère de « sur-contact » que l’harmonie et l’écoute se font plus rares. Cette création m’a amenée à me questionner sur les principes fondamentaux de la vie en communion et du contact spirituel entre deux âmes. J’ai imaginé alors les différentes étapes que traverseraient deux corps se retrouvant emmêlés l’un dans l’autre ; comment avancer ensemble ? Quelle place accorde-t-on à l’autre dans une telle situation ? Avancer avec et grâce à l’autre rend le chemin, certes plus sinueux, mais l’arrivée n’en est que plus salutaire. »