Trois questions à… Stéphane Ginsburgh à propos de « November »

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David Sanson : La destinée de November de Dennis Johnson (1959) est pour le moins singulière…
Stéphane Ginsburgh : La musique savante nous semble toujours revêtir une existence claire et déterminée : un compositeur écrit une pièce, elle est créée, puis éventuellement publiée. Elle vit ensuite sa vie. Cependant, l’on ne pense pas à nombre de musiques tombées dans l’oubli un temps, parfois retrouvées, souvent perdues à jamais. Cela aurait pu être le destin de November de Dennis Johnson, si par le hasard des rencontres, La Monte Young n’en avait pas parlé à Kyle Gann en lui expliquant combien la pièce l’avait influencé pour la composition de son Well-Tuned Piano. A l’aide d’un enregistrement fragmentaire fourni par Young et de notes tout aussi fragmentaires obtenues de Johnson lui-même, Kyle Gann se mit au travail afin de reconstituer cette extraordinaire pièce séminale du minimalisme américain et que le compositeur avait imaginée à l’âge d’à peine 21 ans, bien avant Cage, Feldman, Reich, Young ou Riley.

DS : Pourquoi avoir choisi de mettre cette pièce à votre répertoire ? Quel vous semble être son intérêt, pour l’interprète et pour le mélomane ?
SG : Il est difficile de réellement parler de répertoire dans le cas d’une pièce comme celle de Johnson. Il s’agit plutôt d’un morceau de trame spatio-temporelle mis en musique.
Ma longue fréquentation du minimalisme (un terme assez complexe à définir précisément tant il revêt diverses formes) américain, en particulier de Morton Feldman que j’ai longtemps pris pour le pionnier de la longueur (For Philip Guston dure près de quatre heures et demie), devait immanquablement me conduire un jour à Dennis Johnson.
C’est donc à la fois un intérêt qui s’explique naturellement mais aussi comme une tentative de compléter le tableau de ce mouvement musical que l’on peut faire remonter à Erik Satie.

DS : Qu’attendez-vous du concert du 5 novembre aux Bernardins ? Qu’espérez-vous procurer à l’auditeur ?
SG : De même qu’il est difficile de rattacher November à un répertoire, il est difficile de parler à son sujet de « musique de concert » au sens classique du terme. Comme le disait Johnson à Young : c’est « comme pousse une fleur : tu commences avec une graine et toutes ces choses poussent jusqu’à devenir de belles fleurs… » .
Établissant ultimement un lien avec son autre passion, la géométrie, dans ce rapport qu’entretient l’organique avec la mathématique. Il s’agit donc dans la longueur d’inviter l’auditeur à se plonger dans un immense dépliage sonore qui, à notre échelle et étant donné l’infinité du matériau, pourrait n’avoir ni commencement ni fin, tout comme l’univers.

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